UNE RENTREE SANS BRETON AU COLLEGE CACAULT
Il y a encore six ans, le collège public de Clisson comprenait le plus grand nombre d'élèves en option breton, en Loire-Atlantique, soit une cinquantaine.
Cette année, il n'y a plus un seul élève, comment en est-on arrivé à ce résultat ?
Recette de la disparition d'une langue minoritaire :
- prenez une option de langue populaire, régionale et surtout qui n'a pas grand chose à faire dans un monde libéral, productiviste où les valeurs dominantes sont l'argent, le pouvoir et le matérialisme,
- transformez cette option en atelier, ce qui permet de la sortir des programmes enseignés au collège,
- organisez les horaires de façon à décourager les élèves et leurs familles de s'y inscrire ; par exemple, tôt le matin, le midi, après une permanence...
- supprimez toute information sur l'enseignement du Breton aux parents sur les formulaires d'inscription,
- n'intervenez pas en conseil de parents, ne posez pas de questions, regardez ailleurs,
- mettez en avant le manque de moyens : "vous comprenez, entre le Breton et l'Allemand, nous n'avons pas eu le choix",
- faites le constat qu'il n'y a plus d'élèves, donc que cet enseignement n'intéresse plus personne à Clisson,
- enfin, criez au procès d'intention quand les élus du Conseil Municipal, à ma demande, demandent des comptes et votent un voeu demandant le maintien de l'enseignement du Breton au collège public.
Je veux juste citer ce petit poëme d'Anjela Duval, poëtesse, écrit en Breton et qui sonne de cette façon en Français :
Sur le tapis mou du bois
Avancer à pas de velours
S’asseoir à votre pied
Dans le clair-obscur et le silence.
Loin des querelles du monde.
Écouter le bruissement de votre feuillage…
Et caresser alternativement
De la main et de l’œil…
Vous appeler à voix basse
Par vos noms merveilleux :
Chêne blanc. Tremble
Érable. Charme
Bourdaine. Osier. Bouleau blanc
Mes mille amis muets !…
Sans la langue bretonne, ce petit trésor n'existerait pas.
Vous trouverez ci-dessous la délibération du conseil municipal de Clisson sur le maintien de la culture et de la langue bretonne au collège Cacault. Celle-ci a été envoyé au Recteur d'Académie et au Président du Conseil Général.
09.05.07
SERVICE ‘GENERAL’
Voeu du Conseil Municipal
Maintien de la Culture et de l’enseignement du Breton au collège public Cacault
La culture et la langue bretonnes sont enseignées au collège public Cacault à Clisson,
depuis plus de vingt ans. Il y a encore cinq ans, une quarantaine d'élèves suivait ces
cours, faisant du collège de Clisson le premier collège public de Loire-Atlantique en
nombre d'élèves inscrits à cette option. Cet enseignement répond donc à un besoin
local bien compris par la population.
Or, la restriction des moyens d'organisation des cours, subie par le collège, a réduit
de fait le nombre d'élèves inscrits. L'absence d'information aux familles, les horaires
difficiles et la suppression de l'option pour la remplacer par un simple atelier ont
achevé de décourager les volontaires.
Des parents d’élèves ont rapporté que l’enseignement de la culture et de la langue
bretonnes au Collège Cacault seraient définitivement supprimés à la rentrée
prochaine. L’Association des parents d’élèves, contactée, n’a pas été informée.
Clisson n’est pas en Italie. Pourtant, ce pays et sa langue forment une partie de
l’identité de notre Ville. Si, aujourd’hui, l’enseignement de la culture et de la langue
bretonnes disparaissent du collège public, il y a fort à craindre que, dans quelques
années, l’enseignement de l’Italien et pourquoi pas de l’Allemand disparaissent
également.
La culture et la langue bretonnes font partie intégrante des langues de France
menacées de disparition. Avec moins de 200 000 locuteurs à ce jour, c'est un
patrimoine culturel et humain que nous avons la responsabilité de conserver et de
transmettre aux générations futures. C'est également une forme de lien social unique
à faire vivre.
La Commune de Clisson fait partie culturellement et historiquement de la Bretagne.
L'enseignement de la culture et de la langue bretonnes y a donc toute sa place.
Après avoir entendu l’exposé de Monsieur Nicolon,
Le Conseil Municipal,
Vu l’article L.2121-29 du Code général des collectivités territoriales ;
Vu l'article 75-1 de la Constitution du 4 octobre 1958 « les langues régionales appartiennent
au patrimoine de la France » ;
Après en avoir délibéré,
à la majorité (1 voix ‘Contre’ et 6 ‘Abstentions’),