ROUTES : LE FANTASME DES "TRENTE GLORIEUSES"
Le Conseil Général de Loire-Atlantique termine aujourd'hui sa concertation pour le projet de tracé routier Ancenis-Clisson.
En premier lieu, rappelons que les transports routiers sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre et que le Groupe International des Experts sur le Climat a indiqué dans son 4e rapport qu’une baisse de 50 à 80 % des émissions de gaz à effet de serre est nécessaire d’ici à quarante ans. Çà suppose d’y consacrer « seulement » 0,2 % du PIB mondial avec les technologies actuelles. C’est donc un choix tout à fait possible.
En second lieu, le Vignoble Nantais est le théâtre de projets routiers sans précédents depuis de nombreuses années :
- contournement de la Loire-Atlantique entre Ancenis et Clisson, soit essentiellement une circulation de transit pour les transports de marchandises, avec un format prévu de 2x2 voies.
- Demi-échangeur pour desservir l’entreprise Castel, situation inédite en France, et au mépris du SCOT du Vignoble Nantais.
- Projet de contournement-sud de la Vallée de Clisson réclamé à corps et à cris par le département de Vendée pour se ménager un accès à Notre Dame des Landes.
De tels projets mobilisent des centaines de millions d’euros sur de nombreuses années, autant dire qu’il s’agit de véritables choix politiques. En effet, il ne sera pas possible d’investir à la fois dans de nouvelles routes et dans des modes de transports alternatifs, moins consommateurs d’énergie et d’espaces.
Il apparaît légitime de mettre en place des contournements autour des bourgs et des agglomérations, tels Mouzillon ou Vallet. A condition de prévoir sur les cheminements libérés plus de place aux piétons et aux vélos pour permettre des alternatives non-polluantes et créatrices de lien social. C’est ce que la municipalité de Clisson concrétise rue des Halles, Montée de l’Eperon, rue Jean Prigent et dès cet automne, dans les villages du Piteau et de la Brebionnière.
Prévoir aujourd’hui des itinéraires à 2x2 voies pour le transport de frêt routier vient contredire tous les plus beaux discours des élus de tous bords sur l’urgence de lutter contre les gaz à effets de serre.
Y a-t-il vraiment saturation de nos routes aujourd’hui en-dehors des agglomérations du Vignoble Nantais ?
Certainement pas ; par contre, il s’agit de construire le grand périphérique de Loire-Atlantique, d’Ancenis à Bourgneuf-en-Retz. Cette route, si elle voit le jour, desservira bien évidemment le futur (ou le conditionnel ?) aéroport de Notre Dame des Landes.
Enfin, soulignons le malaise d’expression démocratique existant dans le Vignoble Nantais. Les élus locaux ne peuvent pas accuser des dizaines d’associations locales créées la plupart du temps spontanément, d’être uniquement soucieuses de faire passer la route chez le voisin. Quand on y regarde un peu plus près, construire de nouvelles routes pose problème à de nombreux acteurs locaux. L’environnement naturel et la qualité de notre air seraient gravement menacés bien sûr, mais également de grandes parcelles du vignoble AOC du Muscadet de Sèvre et Maine, la qualité de vie et le tourisme vert, la valeur de nombreux biens mobiliers parfois durement acquis par nos concitoyens.
C’est pourquoi, je défends l’idée de réaliser les contournements de Vallet, de Mouzillon et de Clisson et de réaliser dans le même temps des cheminements doux et piétonniers dans les rues libérées du trafic de transit, pour partager la voie avec les automobilistes en sécurité.
Pour alternative au transport de marchandises, le frêt ferroviaire doit être étudié sérieusement à travers un projet de plateforme de proximité desservant le Vignoble Nantais, reliée à une plateforme dans l’agglomération nantaise. Plusieurs entrepreneurs locaux m’ont fait part de leur volonté d’utiliser ce type de transport pour leurs marchandises, reste à convaincre la SNCF et les élus…
Les élus locaux du Vignoble doivent comprendre que les années des «Trente Glorieuses », mirage économique et social mais cauchemar écologique, ne sont qu’un fantasme et sûrement plus un idéal. Aidons-les à ne pas céder à la pression de certaines grandes entreprises qui ne seront peut-être plus dans le Vignoble dans quinze ans.